Allocution du Ministre Nduhungirehe | 2ème Conférence Ministérielle sur le maintien de la paix dans les environnements Francophones

«Maintenir la paix et la sécurité internationale dans un monde en changement : nouveaux challenges pour les opérations de maintien de la paix dans les environnement Francophones»

 

Rabat, 20 mai 2026

 

Bonjour. 

C’est un plaisir de se retrouver à Rabat pour cette deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans les environnements francophones, dix ans après notre première conférence à Paris.

Je remercie le Royaume du Maroc, la République Française, ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie, pour l’organisation de cette importante rencontre dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires de plus en plus complexes.

Aujourd’hui, les opérations de maintien de la paix évoluent dans des environnements profondément transformés par la nature asymétrique des conflits, la prolifération des groupes armés, ainsi que la résurgence du recours aux mercenaires, phénomène observé dans plusieurs espaces francophones, en violation de la Convention de l’OUA de 1977 pour l’élimination du mercenariat en Afrique ainsi que de la Convention internationale des Nations unies de 1989 contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires.

À cela s’ajoutent les campagnes de désinformation et l’utilisation des discours de haine, amplifiés désormais par les technologies numériques.

Le Rwanda est conscient, par l’expérience acquise dans notre région, que les discours de haine précèdent souvent les atrocités de masse et, dans les cas les plus extrêmes, les génocides. 

La désinformation et la manipulation de l’information compromettent à la fois la protection des civils, mais aussi la crédibilité des actions de paix elles-mêmes.

Dans plusieurs contextes francophones, il existe également un décalage croissant entre les objectifs politiques et les mandats des opérations de maintien de la paix. 

Or, le maintien de la paix ne peut pas être une fin en soi. Il doit rester au service d’une stratégie politique claire visant à traiter les causes profondes des conflits.

Plus fondamentalement, nous devons adopter une vision plus large du cycle des conflits. 

Le maintien de la paix est essentiel, mais il ne constitue qu’une étape d’un continuum plus vaste comprenant trois dimensions : la prévention des conflits, le maintien de la paix et la consolidation de la paix.

Au-delà du maintien de la paix, nous devons adopter une approche plus holistique, capable de détecter en amont les signaux d’alerte, les tensions politiques, sociales ou sécuritaires susceptibles de dégénérer en conflit. Dans la plupart des cas, les conflits ne surviennent pas soudainement. Nous les voyons venir.

À cet égard, les mécanismes africains de prévention des conflits, notamment le Groupe des Sages de l’Union africaine ainsi que les mécanismes d’alerte précoce, méritent un soutien renforcé afin d’anticiper les crises avant qu’elles ne dégénèrent.

Investir dans les opérations de maintien de la paix est indispensable. 

Mais nous devons investir davantage dans la prévention des conflits et nous engager tout autant dans une consolidation de la paix efficace, notamment à travers les mécanismes existants tels que la Commission de consolidation de la de la paix des Nations unies, afin de consolider durablement les acquis obtenus après les accords de paix.

Le Rwanda demeure fermement engagé en faveur du maintien de la paix, et est le premier pays francophone contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies dans le monde. 

Notre contribution à la mission des Nations unies en République centrafricaine, la MINUSCA, illustre cet engagement constant au service de la protection des civils et de la stabilisation. 

Cette expérience s’inscrit dans une continuité, après les engagements du Rwanda dans les opérations de paix en Haïti et au Mali, où nos contingents ont également œuvré dans des contextes francophones complexes au service de la paix et de la sécurité internationales.

À cet égard, nous souhaitons également saluer le rôle important joué par l’Organisation internationale de la Francophonie sous le leadership de Madame la Secrétaire générale Louise Mushikiwabo. 

L’OIF a contribué de manière concrète au renforcement des capacités linguistiques des personnels déployés, à l’amélioration de l’interopérabilité dans les environnements francophones, ainsi qu’au plaidoyer en faveur d’une meilleure préparation des contingents de maintien de la paix appelés à intervenir dans ces contextes spécifiques.

Il est aussi essentiel de garantir un financement prévisible et durable des opérations de paix. Nous ne pouvons pas attendre des pays contributeurs de troupes et de police, comme le Rwanda, qu’ils assument des responsabilités croissantes sans ressources adéquates.

C’est pourquoi le Rwanda soutient les efforts visant à renforcer le partenariat entre les Nations unies et l’Union africaine, notamment à travers la mise en œuvre effective de la Résolution 2719 du Conseil de sécurité. 

Dans cette réflexion sur le financement durable, nous devons également reconnaître et soutenir les initiatives bilatérales qui ont démontré leur efficacité sur le terrain afin de consolider les acquis de paix et de sécurité.

L’expérience du déploiement des forces rwandaises à Cabo Delgado, au Mozambique, dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilisation des zones affectées, illustre la valeur ajoutée de réponses pragmatiques et adaptées au contexte. Cela est pleinement cohérent avec notre engagement collectif en faveur de solutions africaines aux problèmes africains.

Enfin, les nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle, offrent des opportunités importantes pour améliorer l’efficacité et la transparence des opérations de paix. 

Toutefois, leur utilisation doit rester encadrée par le droit international humanitaire et des principes clairs de responsabilité.

Pour conclure, rendre hommage, aux soldats tombes au Liban.

Je vous remercie.

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